Biodiversité & Territoires


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Surfez sur la tendance : devenez le Andy Warhol du végétal

Après le Street art, le Pop Art, le Nail Art (pour les plus coquettes), voici venu le temps du Land’Art !

Ignorante que je suis, je ne connaissais pas ce terme, bien que certaines créations appartenant à ce courant ne m’étaient pas totalement inconnues (les amoureux des jardins auront visité le domaine de Chaumont-sur-Loire, son Festival Insternational des Jardins et son Centre d’Arts et de Nature). Une remise à niveau s’impose. Né dans les années 60 aux Etats-Unis, Le Land’Art place la Nature au coeur même de la démarche artistique. Il s’agit d’une tendance de l’art contemporain qui utilise des matériaux naturels (bois, terre, pierres, sable, rocher, etc.). Pas de galerie d’art ni de musée à l’horizon (oui c’est gratuit !) : toutes les oeuvres land’art sont exposées en extérieur. Elles se doivent d’être en harmonie avec les paysages dans lesquels elles s’inscrivent. Cette situation les exposent à l’érosion naturelle et ces oeuvres sont donc souvent éphémères.

Plusieurs sites internet vous donneront un aperçu de la grande variété de créations : commençons par les papes du Land’Art : Christo et Jeanne-Claude  et leurs paysages emballés . Le land’Art, c’est aussi le travail du sable comme le pratique Jim Denevan.

Emballage d’arbres en Suisse, Christo

Sand Art par Jim Denevan

« Quel lien avec la biodiversité ? » me direz-vous. Le végétal est souvent placé au centre de la composition artistique (support, décor). Le Portail du Land’Art  vous présente le travail de nombreux artistes dont les créations sont toutes plus intéressantes les unes que les autres : travail dans les jardins, réaménagement de friches urbaines ou de décharge à ciel ouvert, site aéroportuaire, travail en forêt ou en paysage agricole, création à différentes échelles spatiale (de l’arbre au paysage tout entier). Leurs travaux s’inscrivent donc dans des problématiques différentes : de la mise en valeur du patrimoine naturel présent sur le site à la renaturation/restauration/rénovation/réhabilitation d’espaces dégradés. Les créations des artistes de l’agence Blueland, immortalisées sur « la pellicule » (rubrique Galerie), valent également le coup d’oeil !!!

Une mention toute spéciale à JP GANEM pour son Jardin des Capteurs à Montréal et sa philosophie de travail (voir sa video sur le lien précédent).

Le Jardins des Capteurs (2000-2002 Montréal) JP GANEM

Le Jardins des Capteurs (2000-2002 Montréal) JP GANEM

Vue sur Montréal. au premier plan, le Jardin des Capteurs (Photographe Normand Rajotte)

Vue sur Montréal. au premier plan, le Jardin des Capteurs (Photographe Normand Rajotte)

Où voir du Land’Art cet été ? Et bien surprise encore car en tapant ces mots dans mon moteur de recherche, je m’aperçois que de nombreux évènements autour de ce courant artistique sont organisés cet été. Par exemple :

Il existe peut-être une manifestation près de chez vous ou de votre lieu de vacances. N’hésitez pas à utiliser les commentaires pour en faire profiter le plus grand nombre.

Je ne sais pas vous, mais moi, ça m’a donné envie. Alors j’ouvre l’oeil, et le bon.


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Notes sur les pages Environnement du GEO n°420 « Pilleurs de sable »

Vous souvenez-vous de votre dernier séjour au Maroc ? De longues minutes au bord de la piscine dans un hôtel de luxe, une promenade à dos de dromadaire ou encore un thé à la menthe sous une tente de nomade dans le désert. Vous avez été marqués par ces étendues de sables à perte de vue. Difficile d’imaginer que le Maroc est aujourd’hui victime de son succès touristique et de son sable.

En témoigne le dossier Environnement du dernitenerife, iles canaries (ESPAGNE)er numéro de février 2014 (n°420) du magazine GEO. Les quelques pages de ce dossier mettent l’accent sur un scandale environnemental organisé à l’échelle mondiale et passé sous silence : le pillage du sable. Le sable, une ressource naturelle non renouvelable surexploitée ? Cela ne vous a pas sauté aux yeux lors de vos vacances, d’autant que vous avez entendu que la désertification s’accroit à travers le globe en raison de la déforestation et de la surexploitation des sols. Et pourtant. Le Maroc, pris ici à titre d’exemple, n’est que l’une des nombreuses nations victimes de ce pillage. Dunes côtières, lits des fleuves, lagunes et déserts : autant de sites à la biodiversité remarquable, parfois endémique, soumis à de profondes dégradations environnementales pour répondre au boom local et international de l’immobilier.

En cause, l’érosion des sols et des littoraux induites par l’extraction incontrôlée de sable. L’érosion consiste en un décapage de leurs couches superficielles, lié à l’action du vent et de l’eau (houle, précipitations, écoulements fluviaux). Conjugué à l’activité humaine, elle entraine des pertes irréversibles de sol, rendant impropre les terres à l’agriculture (notamment par contamination des terres par le sel marin). Les conséquences s’exercent donc également sur les populations des régions surexploitées qui n’en tirent aucun bénéfice, pas même financier : abandon des activités agricoles, apparition de pathologie respiratoires liées à la diminution de la qualité de l’air, destruction de la nappe phréatique, diminution du taux de scolarisation des enfants participant à ce pillage contre une rémunération dérisoire, sédentarisation des peuples nomades. C’est dans ce contexte que se mobilisent aujourd’hui les citoyens marocains. Un combat perdu d’avance ? Peut-être pas. Le salut pourrait peut-être bien venir de l’émergence des matériaux biosourcés et de leur utilisation dans une révision plus globale des modes de construction des villes de demain.

Flavie M