Biodiversité & Territoires


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L’Agriculture Urbaine en Ile de France, ses Ateliers d’été et son Festival : compte-rendu (un peu) en images

L’Agriculture Urbaine était à l’honneur à la Halle Pajol, au coeur du 18ème arrondissement de Paris du 28 juin au 04 juillet 2014. Biodiversité & Territoires a eu le plaisir d’assister aux premiers ateliers d’été de l’agriculture urbaine et de la biodiversité organisés par Natureparif  et ses partenaires ainsi qu’au Festival d’Agriculture Urbaine se déroulant dans le cadre du Festival des Utopies Concrètes. Une expérience enrichissante que nous souhaitions vous faire partager à travers une rétrospective non exhaustive de ces évènements.


L’AGRICULTURE URBAINE EN QUELQUES QUESTIONS

Qu’est-ce que l’agriculture urbaine ?

Elle se définit par trois critères :

  • sa localisation : au coeur des villes ou en milieu péri-urbain,
  • les destinataires de sa production : les citadins
  • l’existence de ressources qu’elle doit partager étroitement avec les autres activités des milieux urbains (fonciers, ressources en eau etc.)

L’agriculture urbaine, c’est nouveau ?

Non, pas du tout et elle existe toujours notamment dans les pays du Sud. Notre vision d’une agriculture « à la campagne » dont les productions sont destinées à la ville est en réalité très récente et résulte de la construction du nouveau modèle de production agricole qui s’est imposé en occident au 20ième siècle. Il est bon de se rappeler qu’au 19ème siècle, une ceinture verte entourait Paris et permettait son approvisionnement en fruits et légumes toute l’année. Quelques courageux résistent encore face aux promoteurs, à seulement quelques km de Paris comme à Montesson (78) ou Saint-Denis (93). En occident, le Québec fait office de pionnier.

 

Sous quelles formes la rencontre-t-on ?

L’agriculture urbaine montre une grande diversité de formes

  • Elle investit des supports variés : champs, interstices, bâtis
  • Elle répond à différents besoins : productions vivrières, productions commerciales (ex : circuits-courts)
  • Elle est présente dans tous les secteurs agricoles : élevages urbains, maraichages, pastoralisme, apiculture, pisciculture etc.
  • Elle montre des niveaux de sophistications très variables : de l’artisanale au high-tech

Quels sont ses enjeux pour les villes de demain ?

Ses fonctions sont multiples de part la diversité des acteurs concernés (particuliers, scientifiques, décideurs, monde agricole péri-urbain, associations, architectes, urbanistes) : tout d’abord des fonctions alimentaires bien sûr mais aussi économiques, sociales, environnementales, récréatives et pédagogiques. Elle participe en outre à la définition de nos paysages et joue un rôle important dans la gestion de la biodiversité  (espèces compagnes, auxiliaires, variétés cultivées).  En effet, le développement de l’agriculture urbaine pose les bases de nouvelles politiques d’aménagement du territoire et de la ville en raison des nombreux services écosystémiques (captation des eaux de pluie, absorption de CO2, diminution des îlots de chaleur urbaine) dont elle est le siège. La crise actuelle devrait conduire à accentuer son essor et pérenniser son développement en raison des avantages qu’elle procure : la diminution du coût de l’alimentation, le retour à la Nature nécessaire avec la densification des tissus urbains, l’appauvrissement en ressources énergétiques pétrolières nécessitant une modification des stratégies de production et d’acheminement des produits alimentaires, et enfin l’accroissement d’une autonomie alimentaire devenue indispensable à la construction d’un modèle urbain durable (notion de ville résiliente). Pour que son développement ne génère pas de « désordre », l’agriculture urbaine et l’agriculture rurale doivent travailler sur leur complémentarité réciproque.


LE FESTIVAL D’AGRICULTURE URBAINE

Devenons acteur de cette démarche : rétrospective de l’atelier-projet « Les Tartres / Clos Saint-Lazare »

Suite aux Ateliers d’été de l’agriculture urbaine et de la biodiversité, un atelier-projet de deux jours a réuni une quinzaine de volontaires de différents horizons (urbanistes, paysagistes, écologues, architectes, spécialistes de la sécurité alimentaire ou du développement social, géographes) venus de la France entière et même d’outre-Atlantique (Québec). Nous avons réfléchi ensemble à un cas concret d’aménagement urbain, architectural et paysager.

  • Le site concerné : La Zone d’Autonomie Concertée(ZAC) des Tartes-Sud , à cheval sur les communes de Pierrefitte-sur-Seine, Saint-Denis et Stains (93), à proximité du terminus de la ligne 13 du métro (Saint-Denis Université).
  • La piste proposée : la mise en oeuvre d’un projet d’agriculture urbaine (en raison de l’histoire très particulière du site liée à une identité maraichère forte).

Deux visites de terrain (ZAC stricto sensus et sa périphérie) ont été organisées en compagnie des différents acteurs institutionnels et associatifs présents sur ce territoire ( la Communauté d’agglomération Plaine Commune, association Novaedia, association Territoires, Jardins Familiaux de Pierrefitte, Mr Kersanté exploitant agricole sur ce territoire). Cette visite nous a permis de mieux comprendre les enjeux et les problématiques liés à ce territoire.

 

« CO-habitons une cité nourricière ! «  C’est la ligne directrice que nous avons choisi pour ce projet. Elle définit trois grands enjeux :

  1. Tisser tout un quartier autour de ce projet (notion de connectivité et Trame verte)
  2. Développer une économie circulaire support d’un développement local durable
  3. Inviter tous les usagers de ce territoire (habitants et travailleurs) à la définition, la mise en oeuvre et à l’animation de ce projet sur le long terme (démarche participative)

 

Une rencontre-débat et la restitution publique du travail réalisé (entrée libre) se sont déroulées le vendredi 4 juillet à la Maison du Temps Libre de Stains en présence de l’ensemble des volontaires et des organisateurs de cet atelier (cliquez sur le lien hypertexte pour avoir le pdf).

Mon avis : j’ai apprécié l’ensemble du déroulement des Ateliers d’été de l’agriculture urbaine et de la biodiversité, aussi bien la partie plénière que les retours d’expérience portant sur des domaines d’application variés, les visites de terrain en Ile de France. Clôturer ces journées par une participation à l’atelier-projet lors du Festival d’Agriculture Urbaine a été particulièrement enrichissant en raison de la grande diversité des participants, de la richesse de nos échanges et de la « bonne sensation » d’avoir été utile.

Si vous désirez en savoir davantage sur le contenu des Ateliers d’été de l’agriculture urbaine, je vous invite à aller visiter le site qui lui est dédié. Vous y trouverez différentes ressources : les contributions des intervenants présentées au cours des séances plénières, un panorama photographique des visites de terrain réalisé par les organisateurs,  et enfin une bibliographie exhaustive sur ce sujet. Soyez attentifs, l’année prochaine, ça recommence ! 🙂


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Devenez « Ageekculteur en trois coups de carotte magique ! »

Paniers de légumesC’est l’autre « slogan » plein d’humour de l’équipe de monpotager.com avec « Vous cliquez … je cultive ».

Expliquons le principe car, a priori, Geekattitude et culture de la pomme de terre n’ont pas grand-chose à voir ensemble.

Etape 1 : Les amoureux des bons produits qui n’ont pas le temps et/ou le jardin pour créer et entretenir un potager digne de ce nom s’inscrivent sur le site monpotager.com et créent un potager virtuel  (prix variable en fonction du potager évidemment !). Ce potager virtuel, c’est le moyen pour l’abonné de choisir les légumes et fruits qu’ il souhaite voir pousser sur sa parcelle et donc consommer – afin que son potager virtuel corresponde à ses besoins, l’équipe de monpotager.com propose des forfaits type (solo, duo, trio et famille nombreuse) pour le guider dans les tailles de parcelles (de 15m2 à 150m2). Le potager virtuel a un cycle de vie annuel et donc l’abonné s’engage pour une année.

Etape 2 : Une fois la parcelle définie, l’abonné choisit lui-même via son potager virtuel les légumes et fruits qui seront cultivés sur sa parcelle (dans la limite des choix proposés) : des fiches conseils sont fournies par monpotager.com pour aider l’abonné à mieux faire son choix et avoir ainsi des légumes et fruits tout au long de l’année (chaque parcelle est divisée en trois parties : une partie destinée à la culture des légumes d’été, une autre à celle des légumes d’hiver et la troisième aux fruits)

Etape 3 : Un peu d’attente, le temps que les légumes soient prêts à être cueillis mais c’est aussi le moment pour l’ageekculteur de voir ses plantations pousser et d’apprendre des choses sur les légumes qu’il consomme grâce à l’agriculteur qui s’en occupe via monpotager.com.

Etape 4 : Après la livraison, c’est le moment de cuisiner et de déguster !

Mon avis : Je dis un grand OUI à cette initiative qui développe encore davantage les circuits courts et qui montre que c’est dans la diversité des systèmes de vente (achat en ferme, cueillette, AMAP etc.) adaptés aux problématiques des consommateurs que réside leur succès. monpotager.com, c’est aussi une alternative aux AMAP qui sont souvent saturées, et à la « Ruche qui dit Oui » qui malheureusement ne peut pas être partout même si son développement est croissant.

Les plus : Tout d’abord, la gestion à distance d’un potager rend l’initiative ludique pour tous ceux qui souhaitent se sentir davantage acteurs de la production des légumes/fruits (de saison !) qu’ils consomment. De plus, les producteurs s’engagent dans une démarche de Production Biologique Intégrée, respectueuse de l’environnement et favorable aux auxiliaires des cultures et aux espèces compagnes (cf biodiversité 🙂 ). Enfin, comme dans toutes les démarches de circuits courts, monpotager.com favorise le lien social, dynamise et valorise les territoires ruraux ainsi que le bon-sens paysan.

Le tout petit moins : A l’heure actuelle, seuls 7 départements d’Ile de France (75, 92, 93, 94, 78, 77, 91) et un département en province (69) peuvent-être livrés, probablement en raison de la distribution des exploitations maraichères. Mais surveillez bien l’évolution de monpotager.com car c’est sans aucun doute que d’autres métropoles de province pourront (on l’espère !) bénéficier de ses services. Mention n’est pas faite sur le site internet des variétés cultivées (par exemple : choix d’espèces anciennes et/ou peu cultivées). Trouve-t-on uniquement des variétés courantes à haute valeur agronomique ? A vous de nous faire partager votre expérience !