Biodiversité & Territoires


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Notes sur les pages Environnement du GEO n°420 « Pilleurs de sable »

Vous souvenez-vous de votre dernier séjour au Maroc ? De longues minutes au bord de la piscine dans un hôtel de luxe, une promenade à dos de dromadaire ou encore un thé à la menthe sous une tente de nomade dans le désert. Vous avez été marqués par ces étendues de sables à perte de vue. Difficile d’imaginer que le Maroc est aujourd’hui victime de son succès touristique et de son sable.

En témoigne le dossier Environnement du dernitenerife, iles canaries (ESPAGNE)er numéro de février 2014 (n°420) du magazine GEO. Les quelques pages de ce dossier mettent l’accent sur un scandale environnemental organisé à l’échelle mondiale et passé sous silence : le pillage du sable. Le sable, une ressource naturelle non renouvelable surexploitée ? Cela ne vous a pas sauté aux yeux lors de vos vacances, d’autant que vous avez entendu que la désertification s’accroit à travers le globe en raison de la déforestation et de la surexploitation des sols. Et pourtant. Le Maroc, pris ici à titre d’exemple, n’est que l’une des nombreuses nations victimes de ce pillage. Dunes côtières, lits des fleuves, lagunes et déserts : autant de sites à la biodiversité remarquable, parfois endémique, soumis à de profondes dégradations environnementales pour répondre au boom local et international de l’immobilier.

En cause, l’érosion des sols et des littoraux induites par l’extraction incontrôlée de sable. L’érosion consiste en un décapage de leurs couches superficielles, lié à l’action du vent et de l’eau (houle, précipitations, écoulements fluviaux). Conjugué à l’activité humaine, elle entraine des pertes irréversibles de sol, rendant impropre les terres à l’agriculture (notamment par contamination des terres par le sel marin). Les conséquences s’exercent donc également sur les populations des régions surexploitées qui n’en tirent aucun bénéfice, pas même financier : abandon des activités agricoles, apparition de pathologie respiratoires liées à la diminution de la qualité de l’air, destruction de la nappe phréatique, diminution du taux de scolarisation des enfants participant à ce pillage contre une rémunération dérisoire, sédentarisation des peuples nomades. C’est dans ce contexte que se mobilisent aujourd’hui les citoyens marocains. Un combat perdu d’avance ? Peut-être pas. Le salut pourrait peut-être bien venir de l’émergence des matériaux biosourcés et de leur utilisation dans une révision plus globale des modes de construction des villes de demain.

Flavie M

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