Biodiversité & Territoires


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La biodiversité dans les espaces agricoles. Quels bénéfices ? Revue d’experts (volet 2)

Après avoir passé en revue les effets de lAgriculture et biodiversitéagriculture sur la biodiversité, voici venu le temps de vous présenter les effets que la biodiversité a sur l’agriculture, les différents bénéfices qu’elle apporte et qu’il conviendrait d’exploiter afin que le modèle agricole actuel mute vers un modèle environnementalement responsable et durable. On parle de service écologique. Cette article s’appuie, comme dans le cas de notre précédent article sur le travail d’experts paru en 2012 aux éditions Quae et intitulé Agriculture et biodiversité. Valoriser les synergies. Lire la suite

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Quels sont les effets de l’agriculture sur la biodiversité ? Revue d’experts (volet 1)

La parution en 2012 de l’ouvrage Agriculture et Biodiversité. Valoriser les synergies (Editions Quae) rend compte de l’expertise scientifique collective réalisée par un groupe pluridisciplinaire de spécialistes (écologues, agronomes, microbiologistes, spécialistes de la santé végétale, économistes, juristes, sociologues) de différentes institutions (Inra, CNRS, IRD, universités, écoles supérieures agronomiques) en France et à l’étranger. 570 articles scientifiques ont été analysés pour produire cette analyse. Nous en avons parcouru les 178 pages. L’occasion aujourd’hui de vous proposer un premier coup d’oeil sur l’une des problématiques abordées : les effets de l’agriculture sur la biodiversité.

Agriculture et biodiversité

Pourquoi l’agriculture est un facteur structurant fortement la biodiversité des territoires ?

Tout simplement car les zones agricoles représentent 60% de la superficie de notre territoire national ! La plupart de nos régions sont caractérisées par des problématiques agricoles fortes, symboles de leurs identités respectives. Côtes du Rhône dans le Sud-Est, Vergers de mirabelliers et de Questches en Alsace-Lorraine, le comté en Franche-Comté et le Roquefort en Aveyron, nos campagnes (et bientôt nos villes grâce à l’essor de l’agriculture urbaine) sont productrices de tous les produits de terroirs mais pas seulement : sylviculture, production de fibres végétales (chanvre, lin etc.). Ces pratiques ancestrales et contemporaines impactent sans aucun doute l’organisation spatiale de nos territoires régionaux mais également leur dynamisme économique.

De quelle biodiversité parle-t-on ?

Vous avez sans doute entendu parler de l’érosion de la biodiversité à travers le monde. La sonnette d’alarme a été tirée il y a bien longtemps en utilisant comme symboles des espèces emblématiques, fortement menacées (rhinocéros blanc, éléphant, orang-outan, et le non moins célèbre panda), bénéficiant d’un fort potentiel « sympathie » auprès du public (et heureusement d’ailleurs, car que seraient-elles devenues sans ça, compte-tenu des menaces qui pèsent encore sur elles et leurs milieux de vie 😦 ). Pas d’orang-outan ici (quoi que … car en Indonésie, c’est bien la destruction de sa forêt et la production d’huile de palme qui menace sa survie). En tout cas pas d’espèces particulièrement emblématiques. La biodiversité dont nous parlons, c’est celle de nos campagnes, la biodiversité ordinaire, de bords de champs, des lisières et des prairies pâturées. Mais également celle des parcelles cultivées et des élevages. Les espèces domestiquées ne sont pas oubliées :-).

 

Pourquoi s’intéresser aux milieux cultivés ?

Les gestions liées à l’activité agricole ont façonné nos territoires depuis des siècles (plus de 2000 ans pour certains). De nombreuses espèces se sont adaptées à ces paysages. Il résulte que ceux-ci présentent une diversité d’espèces comparable à celle des habitats naturels. Ces « gros morceaux » de territoire que représentent les champs, vergers, domaines viticoles, forêts et pâtures offrent les conditions environnementales dont certaines espèces en déclin ont besoin pour persister. L’exemple donné par cette expertise est éloquent : en Allemagne, 75 % des espèces en danger sont dans des zones gérées par l’agriculture et la sylviculture. Pour certaines espèces, ces habitats gérés sont devenus des zones « refuge » suite à la destruction de leur habitat naturel (cf urbanisation des territoires). L’influence de l’agriculture sur la biodiversité, que se soit en termes d’équilibre entre les milieux naturels et gérés, ou bien de la qualité des milieux gérés par l’agriculture est donc mesurable et à mesurer !

Quels sont les impacts des pratiques agricoles à l’échelle des parcelles ?

Le groupe d’experts conclut que l’intensification et la simplification des pratiques agricoles (labour, usage des pesticides et des fertilisants, pâturage …) a des conséquences négatives sur la biodiversité : diminution du nombre d’espèces, généralisation des espèces « banales », et modification de leurs caractéristiques fonctionnelles. En revanche, l’application d’une gestion modérée peut favoriser la biodiversité.

  • pour les cultures annuelles : les impacts sont liés à des pratiques qui agissent directement ou indirectement sur la biodiversité (i) en modifiant le milieu (par un labour profond et répété et par l’emploi de fertilisants minéraux), et (ii) en modifiant la biocénose (cad les êtres vivants, par l’emploi de pesticides pour détruire les bioagresseurs). L’ensemble de ces pratiques diminue le nombre d’espèces observées sur les parcelles. Le labour réduit également leur abondance dans le milieu. Seules les espèces très adaptées à cette gestion survivent dans le sol et peuvent germer (plantes adventices). La macrofaune (vers de terre etc.) est d’autant plus affectée par cette pratique que le labour est profond. Les réseaux trophiques  s’en trouvent modifiés ce qui change donc également la composition des communautés des autres espèces du sol. Il est admis par la communauté scientifique que les pesticides (herbicides, fongicides, insecticides) sont aussi l’uns des responsables majeurs du déclin de la biodiversité dans les agro-écosystèmes des pays industrialisés : ils affectent de manière non sélective et directement la faune du sol (vers de terre, athropodes du sol, mollusques) et les plantes (espèces messicoles) au sein des parcelles et mais aussi dans les bords de champs. Des effets sont aussi connus les oiseaux et les amphibiens.  Les populations résistantes à ces phytosanitaires se développent et favorisent également l’apparition de ravageurs et pathogènes résistants à ces mêmes traitements. La fertilisation a entrainé la disparition d’espèces adaptées aux milieux pauvres en nutriments, le remplacement d’espèces spécialistes par des espèces généralistes, la modification des chaines trophiques et l’appauvrissement des communautés d’organismes du sol. D’autres gestions impactent la biodiversité des parcelles cultivées : les rotations et la maitrise de l’eau. Les effets des rotations sont surtout observés sur le contrôle des bioagresseurs : en perturbant le cycle de développement de ceux-ci, ils permettent de réduire l’usage des pesticides avec des effets positifs sur la biodiversité. Le drainage de l’eau a des effets négatifs sur les espèces inféodées aux conditions humides. L’irrigation, elle, diminue la diversité végétale bien qu’elle soit favorable à la faune du sol.
  • pour les cultures pérennes (sylviculture, arboriculture) : c’est l’usage répété de phytosanitaires non sélectifs (contre les bioagresseurs des espèces cultivées) qui affecte principalement la biodiversité de ces systèmes. Les effets directs sont la mortalité et la baisse de fécondité sur les organismes cibles (arthropodes ravageurs) mais également sur d’autres espèces présentes dans les vergers (petits mammifères, oiseaux, arthropodes …), l’altération de la structure des communautés d’auxilliaires des vergers impliqués dans la régulation naturelle de ravageurs. Les effets indirects sont la suppression de biomasse et de ressources pour de nombreuses espèces altérant les chaînes trophiques pour ces mêmes organismes.
  • pour les prairies permanentes (couverts végétaux plurispécifiques pérennes ou pluriannuels) : les impacts sont principalement liés aux modes de pâturage et aux pratiques de fauche et de fertilisation. Seul le pâturage modéré a des effets positifs sur la biodiversité. Il (i) augmente le richesse spécifique des plantes et l’abondance et la diversité fonctionnelle d’organismes du sol (vers de terre, nématodes, amibes, champignons mycorhizogènes …), (ii) augmente la richesse des communautés végétales lorsque ce pâturage est pratiqué par plusieurs espèces différentes, et (iii) sélectionne modérément des plantes à durée de vie courte, à croissance rapide et résistantes au piétinement. En revanche, un pâturage de forte intensité (i) diminue la richesse spécifique (nombre d’espèces) chez les végétaux, les arthropodes, les petits mammifères et la faune du sol, (ii) augmente la richesse spécifique de certains oiseaux mais en en diminuant les abondances, (iii) diminue la diversité fonctionnelle de la microfaune du sol, (iv) sur-sélectionne des plantes à durée de vie courte, à croissance rapide et résistantes au piétinement. Quand au pâturage de faible intensité, il diminue la richesse spécifique des plantes. La fertilisation permet une augmentation de la production de biomasse et l’abondance de chaque espèce mais diminue le nombre d’espèces observées chez les plantes et les microorganismes du sol et favorise les espèces de grandes taille à forte capacité de croissance. Pour finir la fauche, la fertilisation et le pâturage diminuent la disponibilité de sites pour la reproduction des oiseaux et des difficultés pour leur approvisionnement.

Quels sont les impacts des pratiques agricoles à l’échelle des paysages ?

Les pratiques agricoles ont, à travers l’Histoire, profondément changé l’hétérogénéité les paysages tout en les fragmentant. En cause : le changement d’utilisation des terres vers une moindre diversité des cultures dans le temps et l’espace, l’intensification des pratiques et la synchronisation des dates de fauche et de récolte, la déprise agricole et l’augmentation de la taille des parcelles liée au remembrement.

  • L’hétérogénéité qui regroupe la quantité d’éléments semi-naturels dans le paysage (bois, prairies non intensives, bords de champs, haies), leur bonne santé, leur diversité ainsi que celle des couverts cultivés, s’est trouvée réduite. Les conséquences sur la biodiversité lié à ce facteur sont (i) une baisse de la biodiversité (nombre d’espèces et abondance) pour la plupart des groupes d’animaux et des plantes, (ii) la présence de zones non-cultivées (ex : prairies) jouant un rôle d’habitat, de corridor ou encore de refuge pour de nombreuses espèces. Si l’on augmente leur proportion dans ces paysages, la biodiversité augmente, pour les oiseaux, les vers de terre ou encore pour la microfaune du sol par exemple ; (iii) des réponses différentes selon les groupes d’espèces. Ainsi, les espèces spécialistes sont toujours plus sensibles que les espèces généralistes car elles sont plus fortement tributaires d’un habitat et d’un faible nombre de ressources, l’homogénéisation des paysages défavorise les espèces rares et favorise les espèces communes (on parle de banalisation des espèces) et les ravageurs, la mobilité, la taille, le domaine vitale ou de la capacité de dispersion d’une espèce déterminent aussi sa réponse : la structure du paysage impacte donc plus les vertébrés et les arthropodes épigés (hors du sol) que les plantes, les microorganismes et la faune du sol. Enfin, les espèces ravageuses sont favorisées au détriment des espèces auxiliaires.
  • La fragmentation – se manifestant par la baisse du nombre d’habitats favorables aux espèces, leur organisation en patchs, la diminution de la taille de ces patchs et l’accroissement de leur isolement – a un effet négatif sur la biodiversité. On observe (i) une diminution du nombre d’espèces pour la plupart des espèces, même chez les espèces peu mobiles (petite faune du sol, plantes), (ii) une sensibilité accrue pour certaines espèces : comme précédemment les espèces spécialistes sont plus altérées que les espèces généralistes.

 

Des pistes pour préserver, restaurer et utiliser la biodiversité des agro-écosystèmes ?

Les connaissances scientifiques proposent aujourd’hui à la lecture de ces résultats, des alternatives afin de limiter ces impacts et faire évoluer les pratiques sans mettre de côté des objectifs de production soutenables (cf agroécologie).

  • Maintenir la qualité des éléments semi-naturels (haies, bords de champs) et rétablir leur connectivité par l’aménagement de nouveaux éléments (zones enherbées pérennes, haies, arbres, bosquets, mares …) ;
  • Réduire les pratiques intensives (pesticides, fertilisation, labour …) ;
  • Mettre en oeuvre des rotations longues et diversifiées ainsi qu’une répartition ad hoc des cultures sur le territoire ;
  • Introduire des parcelles cultivées pour rompre l’homogénéité paysagère dans les zones dominées par les élevages intensifs sur prairies ;
  • Maintenir une gestion agricole dans les zones de déprise agricole (moyenne montagne) ;
  • Permettre la conversion à l’agriculture biologique.

Afin de compléter cette analyse, nous vous présenterons très bientôt le travail de synthèse de cette même équipe d’experts sur les services rendus par la biodiversité aux espaces agricoles et l’approche technico-économique des pratiques agricoles favorables à la biodiversité. Ces analyses devront permettre de définir dans quelles mesures (bénéfices, conditions de réalisation) il est aujourd’hui possible de revoir le modèle de production agricole en y intégrer la biodiversité.

 


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Ecoquartier, dessine-moi ta biodiversité !

Ecoquartiers, quartiers durables : on ne sait quel terme utiliser et il y a parfois confusion entre les deux (Boutaud 2009). Cependant, l’idée est là :  « appliquer, préserver et développer (…) l’ensemble des principes environnementaux, sociaux et économiques de développement durable (…) » (Boutaud 2009). Les écoquartiers poussent comme des champignons dans nos villes. De quoi réjouir les écolos, déjà convaincus que l’écologie doit imprégner les consciences des urbains et leur permettre de repenser leurs modes de vie. Les premiers prototypes, à vocation expérimentale, sont apparus en Europe du Nord dans les années 90 (Souami 2011), en Suède à Malmö (quartier Bo01 sur la façade maritime de l’Øresund) et à Stockholm  (quartier Hammarby Sjöstad au bord du canal de Hammarbyleden) mais aussi en Allemagne à Hanovre (quartier Krönsberg construit sur une zone agricole périurbaine) où encore à Fribourg-en-Brisgau (quartier Vauban).

En France, c’est au début des années 2000 que de nouveaux projets urbains de ce type voient le jour (Vincent Renault, 2014 – fabrication et usage des eco-quartiers), notamment à Grenoble, (ZAC de Bonne lauréat du « Grand prix national de l’écoquartier exemplaire », MEEDDAT, 2009).

Mais nos écoquartiers actuels sont-ils vraiment écolos ? Difficile de répondre à cette question tant ces projets s’inscrivent dans des contextes territoriaux différents et tant les paramètres à prendre en compte et les acteurs impliqués sont nombreux, en phases de planification, de construction et d’exploitation (choix architecturaux des bâtis, choix de matériaux biosourcés, gestion des déchets et recyclage lors de la phase de construction et d’exploitation, limitation des pollutions sonores, aériennes, des sols et des eaux, récupération des eaux de pluie, autonomie énergétiques des bâtiments, mobilité douce, développement de lien social etc.). La réussite d’un écoquartier n’est pas qu’une question d’économie d’énergie ou de gestion des déchets. En témoignent plusieurs articles de presse parus en 2010, 2011 et 2013, respectivement sur le quartier Bo01 parus dans TerraEco (A Malmö, des écolos malgré eux), Basta! (Vauban, l’écoquartier du futur écologiquement exemplaire, mais socialement discutable) et dans la page monde du Télégramme en 2013 (Malmö, un modèle durable suédois) qui soulignent certains manquements : un mode de vie énergivore, l’absence de mixité sociale ou encore une méconnaissance par les habitants eux-même de la démarche écologique du quartier et donc une implication individuelle limitée pour revoir son mode de vie.. Ces articles mettent également en lumière l’intérêt de disposer d’un système modulable pour évaluer la qualité des projets en phase de planification, de construction et d’exploitation.

En France, le label national Ecoquartier lancé en décembre 2012 par le Ministère du logement et de l’égalité des territoires doit permettre, en théorie, de mieux s’y retrouver en encourageant, accompagnant et valorisant les projets écoquartiers et en en distinguant leur exemplarité environnementale : 20 engagements (soutenus chacun par un indicateur et un critère d’évaluation de la démarche) sont définis pour encadrer l’obtention du label. Une méthode nationale d’évaluation des écoquartiers labellisés couvrant ces 20 mêmes engagements est actuellement à l’étude (les premiers résultats sont attendus en 2015, Ministère du logement et de l’égalité des territoires).

Mais qu’en est-il de la place donnée à la biodiversité ? Elle figure bien parmi les engagements de la Charte des écoquartiers -ce document témoigne de l’engagement de la collectivité et de partenaires qu’elle souhaite associer (aménageurs, etc.) dans la démarche développement durable. Ceux-ci bénéficient ainsi d’un accompagnement technique et méthodologique par les services de l’Etat et la mise à disposition d’experts, en particulier pour constituer le dossier de labellisation (source Ministère du logement et de l’égalité des territoires). Elle occupe néanmoins la vingtième et dernière position :-(.

Le contenu de ce point biodiversité nous semble pour le moins sommaire. Le seul indicateur pour mesurer la place accordée à la biodiversité est quantitatif. Il s’agit du pourcentage totale de surface végétalisée (sol et toiture). Aucun critère qualitatif de la biodiversité souhaitée et des techniques à privilégiée n’est recommandée. De même l’évaluation de la prise en compte de la biodiversité dans le projet est restreinte à 3 points : la réalisation d’un inventaire spécifique de la biodiversité de l’EcoQuartier, l’association d’un spécialiste de la biodiversité en phase de conception de l’EcoQuartier et enfin, la mise en place d’habitats spécifiques (ruches, hôtels à insectes…) . Si ces trois points sont nécessaires pour que le projet soit évalué de façon pertinente, ils ne sont pas suffisants pour que l’évaluation soit rigoureusement menée. Quid de l’intégration aux trames verte, bleue et brune (sol), de la fonctionnalité des écosystèmes urbains à différentes échelles spatiales et temporelles, des choix variétaux, des gestions envisagées en phase d’exploitation, de la place accordée aux espèces sauvages ? Aucun indicateur ni critère d’évaluation des impacts en phase de construction sur la biodiversité ne sont mentionnés (impacts directs et indirects). De multiples questions se posent : les acteurs impliqués ont-ils intégré la biodiversité dans leurs stratégies d’entreprise ou de fonctionnement ? Les choix variétaux sont-ils pertinents ? Aucun critère méthodologique n’étant mentionné dans les documents cités précédemment, il est à craindre que la marge de manoeuvre laissée aux concepteurs de ces écoquartiers laisse filtrer des projets peu ambitieux en terme de biodiversité.

Concertation autour de l’écoquartier-Rueil TV

Si vous voulez en savoir plus sur les écoquartiers, les sources d’informations en ligne sont nombreuses. En voici quelques unes qui témoignent de l’engouement pour cette question :

 


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L’Agriculture Urbaine en Ile de France, ses Ateliers d’été et son Festival : compte-rendu (un peu) en images

L’Agriculture Urbaine était à l’honneur à la Halle Pajol, au coeur du 18ème arrondissement de Paris du 28 juin au 04 juillet 2014. Biodiversité & Territoires a eu le plaisir d’assister aux premiers ateliers d’été de l’agriculture urbaine et de la biodiversité organisés par Natureparif  et ses partenaires ainsi qu’au Festival d’Agriculture Urbaine se déroulant dans le cadre du Festival des Utopies Concrètes. Une expérience enrichissante que nous souhaitions vous faire partager à travers une rétrospective non exhaustive de ces évènements.


L’AGRICULTURE URBAINE EN QUELQUES QUESTIONS

Qu’est-ce que l’agriculture urbaine ?

Elle se définit par trois critères :

  • sa localisation : au coeur des villes ou en milieu péri-urbain,
  • les destinataires de sa production : les citadins
  • l’existence de ressources qu’elle doit partager étroitement avec les autres activités des milieux urbains (fonciers, ressources en eau etc.)

L’agriculture urbaine, c’est nouveau ?

Non, pas du tout et elle existe toujours notamment dans les pays du Sud. Notre vision d’une agriculture « à la campagne » dont les productions sont destinées à la ville est en réalité très récente et résulte de la construction du nouveau modèle de production agricole qui s’est imposé en occident au 20ième siècle. Il est bon de se rappeler qu’au 19ème siècle, une ceinture verte entourait Paris et permettait son approvisionnement en fruits et légumes toute l’année. Quelques courageux résistent encore face aux promoteurs, à seulement quelques km de Paris comme à Montesson (78) ou Saint-Denis (93). En occident, le Québec fait office de pionnier.

 

Sous quelles formes la rencontre-t-on ?

L’agriculture urbaine montre une grande diversité de formes

  • Elle investit des supports variés : champs, interstices, bâtis
  • Elle répond à différents besoins : productions vivrières, productions commerciales (ex : circuits-courts)
  • Elle est présente dans tous les secteurs agricoles : élevages urbains, maraichages, pastoralisme, apiculture, pisciculture etc.
  • Elle montre des niveaux de sophistications très variables : de l’artisanale au high-tech

Quels sont ses enjeux pour les villes de demain ?

Ses fonctions sont multiples de part la diversité des acteurs concernés (particuliers, scientifiques, décideurs, monde agricole péri-urbain, associations, architectes, urbanistes) : tout d’abord des fonctions alimentaires bien sûr mais aussi économiques, sociales, environnementales, récréatives et pédagogiques. Elle participe en outre à la définition de nos paysages et joue un rôle important dans la gestion de la biodiversité  (espèces compagnes, auxiliaires, variétés cultivées).  En effet, le développement de l’agriculture urbaine pose les bases de nouvelles politiques d’aménagement du territoire et de la ville en raison des nombreux services écosystémiques (captation des eaux de pluie, absorption de CO2, diminution des îlots de chaleur urbaine) dont elle est le siège. La crise actuelle devrait conduire à accentuer son essor et pérenniser son développement en raison des avantages qu’elle procure : la diminution du coût de l’alimentation, le retour à la Nature nécessaire avec la densification des tissus urbains, l’appauvrissement en ressources énergétiques pétrolières nécessitant une modification des stratégies de production et d’acheminement des produits alimentaires, et enfin l’accroissement d’une autonomie alimentaire devenue indispensable à la construction d’un modèle urbain durable (notion de ville résiliente). Pour que son développement ne génère pas de « désordre », l’agriculture urbaine et l’agriculture rurale doivent travailler sur leur complémentarité réciproque.


LE FESTIVAL D’AGRICULTURE URBAINE

Devenons acteur de cette démarche : rétrospective de l’atelier-projet « Les Tartres / Clos Saint-Lazare »

Suite aux Ateliers d’été de l’agriculture urbaine et de la biodiversité, un atelier-projet de deux jours a réuni une quinzaine de volontaires de différents horizons (urbanistes, paysagistes, écologues, architectes, spécialistes de la sécurité alimentaire ou du développement social, géographes) venus de la France entière et même d’outre-Atlantique (Québec). Nous avons réfléchi ensemble à un cas concret d’aménagement urbain, architectural et paysager.

  • Le site concerné : La Zone d’Autonomie Concertée(ZAC) des Tartes-Sud , à cheval sur les communes de Pierrefitte-sur-Seine, Saint-Denis et Stains (93), à proximité du terminus de la ligne 13 du métro (Saint-Denis Université).
  • La piste proposée : la mise en oeuvre d’un projet d’agriculture urbaine (en raison de l’histoire très particulière du site liée à une identité maraichère forte).

Deux visites de terrain (ZAC stricto sensus et sa périphérie) ont été organisées en compagnie des différents acteurs institutionnels et associatifs présents sur ce territoire ( la Communauté d’agglomération Plaine Commune, association Novaedia, association Territoires, Jardins Familiaux de Pierrefitte, Mr Kersanté exploitant agricole sur ce territoire). Cette visite nous a permis de mieux comprendre les enjeux et les problématiques liés à ce territoire.

 

« CO-habitons une cité nourricière ! «  C’est la ligne directrice que nous avons choisi pour ce projet. Elle définit trois grands enjeux :

  1. Tisser tout un quartier autour de ce projet (notion de connectivité et Trame verte)
  2. Développer une économie circulaire support d’un développement local durable
  3. Inviter tous les usagers de ce territoire (habitants et travailleurs) à la définition, la mise en oeuvre et à l’animation de ce projet sur le long terme (démarche participative)

 

Une rencontre-débat et la restitution publique du travail réalisé (entrée libre) se sont déroulées le vendredi 4 juillet à la Maison du Temps Libre de Stains en présence de l’ensemble des volontaires et des organisateurs de cet atelier (cliquez sur le lien hypertexte pour avoir le pdf).

Mon avis : j’ai apprécié l’ensemble du déroulement des Ateliers d’été de l’agriculture urbaine et de la biodiversité, aussi bien la partie plénière que les retours d’expérience portant sur des domaines d’application variés, les visites de terrain en Ile de France. Clôturer ces journées par une participation à l’atelier-projet lors du Festival d’Agriculture Urbaine a été particulièrement enrichissant en raison de la grande diversité des participants, de la richesse de nos échanges et de la « bonne sensation » d’avoir été utile.

Si vous désirez en savoir davantage sur le contenu des Ateliers d’été de l’agriculture urbaine, je vous invite à aller visiter le site qui lui est dédié. Vous y trouverez différentes ressources : les contributions des intervenants présentées au cours des séances plénières, un panorama photographique des visites de terrain réalisé par les organisateurs,  et enfin une bibliographie exhaustive sur ce sujet. Soyez attentifs, l’année prochaine, ça recommence ! 🙂


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Devenez « Ageekculteur en trois coups de carotte magique ! »

Paniers de légumesC’est l’autre « slogan » plein d’humour de l’équipe de monpotager.com avec « Vous cliquez … je cultive ».

Expliquons le principe car, a priori, Geekattitude et culture de la pomme de terre n’ont pas grand-chose à voir ensemble.

Etape 1 : Les amoureux des bons produits qui n’ont pas le temps et/ou le jardin pour créer et entretenir un potager digne de ce nom s’inscrivent sur le site monpotager.com et créent un potager virtuel  (prix variable en fonction du potager évidemment !). Ce potager virtuel, c’est le moyen pour l’abonné de choisir les légumes et fruits qu’ il souhaite voir pousser sur sa parcelle et donc consommer – afin que son potager virtuel corresponde à ses besoins, l’équipe de monpotager.com propose des forfaits type (solo, duo, trio et famille nombreuse) pour le guider dans les tailles de parcelles (de 15m2 à 150m2). Le potager virtuel a un cycle de vie annuel et donc l’abonné s’engage pour une année.

Etape 2 : Une fois la parcelle définie, l’abonné choisit lui-même via son potager virtuel les légumes et fruits qui seront cultivés sur sa parcelle (dans la limite des choix proposés) : des fiches conseils sont fournies par monpotager.com pour aider l’abonné à mieux faire son choix et avoir ainsi des légumes et fruits tout au long de l’année (chaque parcelle est divisée en trois parties : une partie destinée à la culture des légumes d’été, une autre à celle des légumes d’hiver et la troisième aux fruits)

Etape 3 : Un peu d’attente, le temps que les légumes soient prêts à être cueillis mais c’est aussi le moment pour l’ageekculteur de voir ses plantations pousser et d’apprendre des choses sur les légumes qu’il consomme grâce à l’agriculteur qui s’en occupe via monpotager.com.

Etape 4 : Après la livraison, c’est le moment de cuisiner et de déguster !

Mon avis : Je dis un grand OUI à cette initiative qui développe encore davantage les circuits courts et qui montre que c’est dans la diversité des systèmes de vente (achat en ferme, cueillette, AMAP etc.) adaptés aux problématiques des consommateurs que réside leur succès. monpotager.com, c’est aussi une alternative aux AMAP qui sont souvent saturées, et à la « Ruche qui dit Oui » qui malheureusement ne peut pas être partout même si son développement est croissant.

Les plus : Tout d’abord, la gestion à distance d’un potager rend l’initiative ludique pour tous ceux qui souhaitent se sentir davantage acteurs de la production des légumes/fruits (de saison !) qu’ils consomment. De plus, les producteurs s’engagent dans une démarche de Production Biologique Intégrée, respectueuse de l’environnement et favorable aux auxiliaires des cultures et aux espèces compagnes (cf biodiversité 🙂 ). Enfin, comme dans toutes les démarches de circuits courts, monpotager.com favorise le lien social, dynamise et valorise les territoires ruraux ainsi que le bon-sens paysan.

Le tout petit moins : A l’heure actuelle, seuls 7 départements d’Ile de France (75, 92, 93, 94, 78, 77, 91) et un département en province (69) peuvent-être livrés, probablement en raison de la distribution des exploitations maraichères. Mais surveillez bien l’évolution de monpotager.com car c’est sans aucun doute que d’autres métropoles de province pourront (on l’espère !) bénéficier de ses services. Mention n’est pas faite sur le site internet des variétés cultivées (par exemple : choix d’espèces anciennes et/ou peu cultivées). Trouve-t-on uniquement des variétés courantes à haute valeur agronomique ? A vous de nous faire partager votre expérience !


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TERRA BOTANICA, réconcilie-nous avec les parcs d’attractions

En cette période estivale, les parcs d’attractions battent leur plein. Des jeux d’eau, des manèges en tout genre à vous faire rendre le contenu de votre estomac, des cris, des rires aussi, des boutiques de souvenirs (essayons de rattraper le petit dernier avant qu’il ne choisisse la plus grosse peluche de la boutique ! ), et des files d’attente loooongues mais loooongues … Après plusieurs expériences dans ma jeunesse, j’avais décidé que non, ce n’était pas mon « truc ». Je changerai peut-être d’avis dès lors que j’aurai fait quelques pas à TERRA BOTANICA. Situé au coeur de l’Anjou à Angers (49), terre d’horticulture par excellence, ce parc de loisir est le seul parc à thème européen dédié à l’univers du végétal. Ouvert depuis 2010, des jardins, serres et bassins sont jalonnés d’attractions et d’animations pour faire découvrir aux visiteurs la diversité du végétal du monde entier. Un parc récréatif mais aussi éducatif qui s’adresse aux petits comme aux plus grands, aux néophytes comme aux passionnés des jardins.

Cette vidéo tournée lors de la construction du parc explique la démarche des concepteurs de Terra Botanica

Le site c’est par ici : http://www.terrabotanica.fr/

 

Randonnée naturaliste en forêt de Rambouillet

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Une randonnée de 15 km environ à travers différents milieux en forêt domaniale de Rambouillet (78). Organisation SNPN

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